Internet a popularisé l'exhibitionnisme. Sites personnels, blogs, réseaux sociaux, il n'est plus nécessaire d'être par nature une personne publique pour afficher aux yeux du monde jusqu'à ses secrets les plus intimes, voire les plus inavouables.
Non seulement les plus nullissimes représentants de notre pauvre humanité se croient autorisés à déverser leurs déjections cérébrales sur la toile, le plus souvent dans une orthographe qu'il serait carrément flatteur de qualifier d'approximative, mais comme s'il n'y suffisait pas, ils prennent soin d'indexer leurs pages, afin qu'aucune n'échappe aux moteurs de recherche, et n'hésitent pas à inviter la cohorte de leurs amis du net, aussi nombreux que vagues, à contempler leur "oeuvre", à l'instar d'un bambin s'affranchissant des couches, qui exhibe fièrement devant sa maman le caca qu'il a déposé au fond du pot.
Après plus d'une décennie de résistance - présent sur la toile depuis la fin du précédent millénaire - il était temps que je sacrifie moi aussi à l'usage du moment, que je "vive avec mon temps" comme le bêlent docilement les moutons qui font l'opinion des masses, et ceux qui les suivent.
Foin de la fausse modestie : si médiocres que puissent être mes élucubrations, elles n'entacheront pas davantage un espace déjà si largement pollué, et au moins, elles sont écrites en français.
Tout ceci en supposant que je revienne écrire ici, ce que ni ma paresse cosmique, ni en particulier mon goût prononcé pour la procrastination ne garantissent, bien évidemment.
Comme disait Francis Blanche, bonjour chez vous.
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